Si le tourisme est une manne pour l'économie d'un pays, l'afflux massif de visiteurs dans certaines régions engendre son lot d'inconvénients. L'Espagne, deuxième destination touristique dans le monde, n'échappe pas à la règle. La destruction des paysages, les problèmes de sécurité, la pollution et l'augmentation des prix pour les habitants font partie des inconvénients du tourisme en Espagne.
L'impact du tourisme sur les paysages dans les zones touristiques

Les zones qui reçoivent chaque année des milliers ou millions de voyageurs subissent les effets du surtourisme. Certains sites naturels ne peuvent accueillir un si grand nombre de voyageurs. Les plages, les parcs et les sites historiques sont les premiers touchés. L'écosystème fragile subit les conséquences d'un afflux de visiteurs. Leur présence a un impact sur la faune et la flore. Des déchets sont fréquemment retrouvés dans ces zones fragiles.
Une surconsommation d'eau et des ressources locales

Qui dit tourisme de masse dit également surconsommation. Les besoins en eau sont plus élevés en haute saison. Les voyageurs consomment de l'eau pour leurs besoins personnels (douche, toilettes, etc.), mais font aussi augmenter la consommation d'eau indirectement. La présence d'une piscine est un solide argument touristique, a fortiori en Espagne où la chaleur règne une grande partie de l'année. Son remplissage nécessite toutefois des centaines de litres d'eau.
Ces besoins en eau posent problème dans certaines régions sèches ou lorsque les nappes phréatiques n'ont pas été suffisamment alimentées par la pluie. C'est le cas d'Alicante ou de Barcelone qui se sont trouvées dans des situations délicates par le passé. Les autorités ont du introduire des quotas de consommation d'eau pour les habitants en pleine saison, afin de pouvoir continuer à accueillir les voyageurs du monde entier.
Des problèmes de transport et de pollution induits par le tourisme
Première étape pour se rendre en Espagne : le voyage. Si l'Espagne est proche de la France, de nombreux touristes optent pour l'avion. C'est le cas de 81% des visiteurs de Barcelone. En 2024, Madrid a reçu quant à elle 24,5 millions de passagers à l'international : un chiffre en constante augmentation. La multiplication des vols augmente les émissions de CO2 et la pollution.
Une fois sur place, les touristes ont besoin de se déplacer. De nombreux voyageurs optent pour une location de voiture à leur arrivée en Espagne. Ce mode de déplacement est bien pratique pour se naviguer d'un secteur à l'autre ou visiter le pays. Il contribue toutefois à des routes saturées en ville à certaines heures de la journée, ainsi qu'à l'augmentation de la pollution.
Prendre les transports en commun pour un voyage en phase avec le développement durable ? Cette initiative n'est pas toujours appréciée par les populations locales. Les réseaux de transports en commun sont souvent utilisés en masse par les visiteurs. Les locaux ne peuvent pas toujours se déplacer sereinement. Pour exemple, à Barcelone, les autorités ont même décidé de supprimer une ligne de bus saturée sur Google. Elles ont, dans le même temps, commencé à restreindre l'accès à des zones bien précises de la ville. C'est le cas du parc Güell où des quotas journaliers de visiteurs ont été instaurés.
Les problèmes de sécurité posés par le tourisme en Espagne

Difficile de contrôler qui rentre dans le pays quand des milliers de personnes arrivent chaque jour de l'étranger. Afin de mieux assurer sa sécurité, le gouvernement espagnol a mis en place de nouvelles règles pour les touristes.
Tous les fournisseurs d'hébergement (hôtels, campings, centres de vacances, ect.) et les loueurs de voitures doivent désormais collecter de multiples informations sur les touristes à leur arrivée. Nombre de voyageurs, lien de parenté, adresse en France, etc. Des dizaines de données sont consignées et transmises au gouvernement.
Chaque rapport peut être consulté par les forces de l'ordre dans le cadre d'enquêtes ou pour mieux prévenir le risque d'attentat en Espagne.
Surtourisme et augmentation du coût de la vie pour les habitants
L'afflux de voyageurs engendre une augmentation des prix dans les zones touristiques. Cela concerne les magasins, où des articles de la vie courante connaissent une flambée des prix. Mais cela concerne également les maisons ou les loyers. Un nombre croissant d'habitants ne peut plus accéder aux logements dans les villes touristiques, soit parce que les prix sont trop élevés, soit parce qu'il y a une pénurie de logements. De nombreux propriétaires ont en effet bien compris qu'il était plus avantageux de louer à prix d'or à des touristes en vacances qu'à des locaux.
Le même phénomène s'observe dans le secteur de la construction. Les groupes hôteliers font la mainmise sur les terrains et bâtiments disponibles. Les locaux doivent alors changer de secteur pour devenir propriétaires. De nombreuses manifestations ont eu lieu dans le pays pour protester contre cette situation. Les habitants se sentent dépossédés de leur lieu de vie et protestent contre le surtourisme. Face à la grogne, des décisions ont été prises pour limiter les inconvénients du tourisme en Espagne.
Prenons Malaga : plus de 8 % des maisons et appartements sont destinés à la location touristique. La municipalité a décidé d'interdire la mise en location de nouveaux appartements dans les quartiers saturés. D'autres villes suivent le mouvement. C'est le cas de Madrid, qui a interdit la location d'appartements touristiques dans son centre-ville. Séville a introduit des quotas. Le maire de Barcelone envisage de mettre fin à la location de meublés touristiques d'ici fin 2028, afin de mieux répondre aux attentes des populations locales.
Des emplois précaires dans des destinations touristiques prisées

Le tourisme de masse en Espagne crée de nombreux emplois et a un impact positif sur l'économie. S'il est un levier de croissance pour beaucoup de régions, il n'offre toutefois pas de situation stable ou de revenus durables aux locaux. Les emplois sont de courte durée. Ils ne couvrent que la période touristique, soit quelques mois tout au plus. Ce sont généralement des contrats mal payés. Ils n'offrent pas un niveau de vie suffisant aux travailleurs. Ces derniers doivent souvent cumuler les emplois ou en chercher de nouveaux hors saison.









